mercredi 29 avril 2009

ACTUALITÉS LITTÉRAIRES


Vie littéraire
C’est curieux chez les marins
ce besoin de faire des phrases

Depuis trop longtemps réduite à multiplier ad mauseam une prose nombriliste, la littérature de langue française s’empaffait grave, gavée comme une oie cirrhotique un lendemain de prix germanopratin. Ce n’est certes pas Marguerite Duras qui nous démentira, C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases passe outre, c’est le cas de le dire.
Que dire de cet ouvrage ? Essentiellement qu’il n’est pas prêt d’obtenir le Prix de l’Académie de Bretagne et des Pays de la Loire, ni les palmes académiques d’ailleurs, encore moins une paire de palmes de plongée, ou d’autres sortes de palmes, vin de palme, doigts palmés, huile de canard, etc.
Maurice Druon, à l’instant de rendre l’âme, aurait bredouillé de rage : « Ah ! Maudits soient-ils ! » alors qu’il laissait échapper d’entre ses doigts son exemplaire de C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases, ajoutant in extremis « J’suis vraiment le roi » sans préciser de quoi (hélas pour les historiens). Exemplaire qu’il avait acquis incognito quelques heures auparavant au café La Perle, estaminet central de Nantes à défaut d’être centriste, pour la modique somme de seulement 28 bolivars. Sacré Momo, l’avait le sens des affaires, comme aimait à le rappeler son tonton Jojo, mais c’est une autre histoire.
Tout est dit de la qualité littéraire de C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases (remarquable pour sa placidité et comme un rien de nonchalance qui ne peuvent que le rendre extrêmement suspect aux yeux des autorités de petite taille dont nous tairons le nom eu égard aux relations franco-magyars).

Philippe Losers

C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases (84 pages, Éditions du Songe en Ibère) – 28 bolivars (11 euros), en vente à La Perle, 8 rue du Port-au-Vin à Nantes.

LA LOI HADOPI DÉJÀ DÉPASSÉE PAR LA TECHNIQUE ? (PO)